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Partie 2 : La prise de vue
C) L'exposition
- la mesure de la lumière sur un appareil photo
Les appareils photo disposent pour la plupart d'une cellule dont le but est de mesurer la quantité de lumière qui entre dans
l'objectif afin d'adapter l'exposition du capteur (ou de la pellicule) à cette lumière. Si on laisse entrer trop peu de lumière,
la photo est sombre (on dit sous-exposée globalement), les parties sombres se mélangent toutes dans un bourbier foncé d'ou ne
ressortent plus aucun détail.
Si inversement on expose trop la photo, les parties claires envahissent la photo, toutes les parties très lumineuses deviennent
blanches et ne se différentient plus les unes des autres, on perd les détails dans les hautes lumières la photo est globalement
surexposée.
Seulement voilà, si sur l'image cohabitent des partie sombres qui nécessitent une longue exposition et des parties très
lumineuses qui réclament elles, un temps d'exposition faible, il va falloir trouver un compromis..
Soit on sacrifie les parties sombres pour éviter de surexposer les hautes lumières, soit on favorise au contraire les parties
peu éclairées. Le problème est que la cellule doit faire un tri...
Par défaut la cellule va mesurer la luminosité moyenne donc dans le cas des images à fort contraste, va mal exposer les hautes
et les basses lumières. Voici ce que "voit" la cellule par defaut, en fait la partie de l'image qu'elle prend en compte:
En réalité, sur les appareils modernes, il ne s'agit pas d'une mesure moyenne simple mais d'une mesure multizone dite "évaluative" chez Canon par exemple.
Cette mesure consiste à diviser l'image en plusieures zones statistiquement représentatives des zones ou la mesure de la lumière est la plus opportune. Le découpage peut représenter cette aspect:
(image © Canon)
Une fois la mesure faite sur toutes les zones, un calculateur va définir la bonne exposition soit en exploitant les informations de mesure par zone via un algorythme,
soit en comparant la mesure à une base données établie avec un échantillon représentatif des situations les plus probables mesurées sur un groupe de photos témoins.
Si le système est suffisement au point, il devrait pouvoir faire façe à une grande majorité de situations, reste les cas trop particuliers, ou il faudra pouvoir stipuler à la cellule
quelle partie de l'image le photographe veut voir correctement exposée au détriment des autres. Pour cela existe la mesure "spot". Ce mode permet de limiter la zone ou la mesure de la lumière
est faite à la partie centrale généralement du viseur. Le photographe place le centre du collimateur sur la partie dont il veut
qu'elle soit correctement exposée et fait ainsi sa mesure. La cellule ne tient pas compte alors du reste de l'image. Attention, la mesure spot tient compte en général d'une zone représentant de l'ordre
de 3 à 4% de la surface de l'image, inutile de dire qu'un simple reflet qui illumine la cellule pile dans cette zone peut fausser grandement la mesure. Voila ce que "voit" la cellule:
Une solution intermédiaire existe aussi permettant de favoriser la mesure sur la zone centrale tout en tenant compte, mais
dans une moindre mesure, du reste de l'image. Il s'agit de la mesure centrale pondérée.L'image suivante illuste ce que prend en compte la cellule: Le centre comme en
mesure spot mais aussi le reste mais en tenant davantage compte du centre. La cellule fait une moyenne des zones en pondérant le centre avec un plus fort coefficient.
Ces différentes façons de mesurer la lumière vont être très précieuses dans le cas qui nous intéresse. En effet, la photo
d'avion pose souvent le problème des forts contrastes.
Les principaux cas sont les suivants:
- Ciel très lumineux parce que nuageux (les nuages diffusent une lumière énorme) et avion peu éclairé.
- Ciel moyennement lumineux et d'un bleu dense avec un avion ou les fumigènes en plein soleil et de couleur claire. Les deux cas les plus
criants étant un soleil haut sur un fuselage bien blanc ou sur un fumigène bien blanc lui aussi. Si l'on n'y prend garde
tant à la prise de vue qu'au traitement, on est certain d'avoir une belle surexposition. Dans l'exemple ci-dessous, une partie du fumigène
est totalement passée surex, la photo est perdue.
Le plus embêtant à maîtriser étant l'avion blanc en plein soleil sur un ciel d'orage noir...Ou l'avion sombre avec un fumigène blanc...comme précédemment.
Comment différencier un fuselage blanc ou un fumigène bien exposé d'un surexposé? Visuellement, en cas de surexposition le blanc
paraît uniforme et plat. Il n'existe plus aucun détail susceptible de rendre l'impression de forme de volume ou de texture à la zone.
En résumé, il faut s'attendre à rencontrer de sérieux problèmes d'exposition lorsque l'image présente de forts contrastes. Les avions de ligne blancs sur fond bleu
font mouche à chaque fois si l'on n'y prend garde. Il est donc essentiel de connaître les modes d'exposition disponibles sur l'appareil et d'être capable de détecter à vue une situation
sujette à ce type de problème. La solution peut consister à sous-exposer d'office la photo (correction IL) ou à utiliser une mesure spot ou pondérée en choisissant la zone de mesure
sur l'image. Peu importe la méthode en fait, du moment que le problème est compris et pris en compte.
Il faut savoir qu'il existe des situations de contrastes si violents, que vous pouvez prendre le problème dans tout les sens, il n'y a pas de solution (sauf à faire deux images et à les monter sous photoshop... mais sur un
sujet en mouvement....). Le soleil de midi qui écrase le dessus blanc d'un avion Air France sur un ciel bien bleu peut poser un problème insoluble. Il y a des photos infaisables.
Autant le savoir et revenir plus tard.
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