|
|
|
Partie 3 : le post-processing
LES NIVEAUX
Cet outil présente l'histogramme ainsi que les commandes permettant d'intervenir dessus. Le but de la commande "niveaux"
est principalement de vérifier la plage tonale disponible sur l'original et d'adapter, si besoin est, cette plage de façon à
la maximaliser.
On trouve trois curseurs sous l'histogramme. Un noir à gauche, un gris au centre et un blanc à droite. Intéressons nous
au deux curseurs noir et blanc. Ces curseurs servent à indiquer au programme par rapport à l'histogramme où se placeront
les tons les plus clairs et les plus foncés. Au départ ils sont aux extrémités ce qui est logique. En les déplaçant on redéfinit
un nouveau point blanc ou un nouveau point noir.
En clair, on va regarder si toutes les luminosités existent entre 0 et 255. Si non, et si la photo le permet
ou l'impose, on va redéfinir la valeur la plus sombre présente comme étant égale à 0 et la valeur la plus claire comme étant égale
à 255, ce afin de récupérer une plage de variation de luminosité maximale.
Voici l'exemple d'une image brute, regardons l'image et son histogramme:
La photo paraît terne et peu contrastée. On déplore l'absence de hautes lumières ainsi que de basses lumières. Nous allons voir l'utilisation type de la commande
"niveaux" à partir de cet exemple. Il n'existe pas de ton clair à droite de l'histogramme, aussi allons-nous faire glisser le curseur de droite vers la gauche pour redéfinir
les points les plus lumineux comme devant avoir la valeur maximale. Même principe à gauche où nous déplaçons le curseur des noirs vers la droite vers le début de l'histogramme.
Le résultat est le suivant.
Certaines photo ne doivent pas faire l'objet de cet
ajustement qui les dénatureraient, une fois encore, il faut faire appel à ses yeux et ne pas appliquer de règle par principe si
manifestement cela ne convient pas à l'original.
Les limites de la procédure:
Nous partons de cette vue du grand bé à Saint Malo :
En déplaçant les curseurs nous allons pouvoir redéfinir les points noir et blanc mais attention! Voyons ce qui peut
arriver si nous faisons cette intervention alors qu'elle n'est pas nécessaire ou si elle est abusive.
Commençons par le curseur gauche et déplaçons-le vers la droite.
Que voyons nous ? Nous avons "dit" au programme : à partir de maintenant la valeur 0 (noir) se situe à l'ancienne valeur 55.
Ce qui veut dire que les points qui avaient une valeur de 55 sont maintenant à 0. Tous ceux qui avaient une valeur plus faible,
ne pouvant prendre des valeurs négatives sont eux aussi à 0. Bref, tout les points qui avant avaient des valeurs entre 0 et 55
sont désormais à 0. Toutes les nuances de couleurs très foncées entre 0 et 55 sont remplacées par une couleur unique, le noir.
On voit bien sur l'image que le sol en premier plan est devenu noir, on ne voit plus les détails.
(la fenêtre "crop1" présente l'état initial avant correction pour comparaison. ) De ce fait, nous avons perdu purement
et simplement des informations dans les basses lumières et ce, définitivement. Les basses lumières sont très sous-exposées,
"bouchées".
Maintenant déplaçons le curseur de droite vers la gauche à la valeur 180
Que voyons nous ? Nous avons "dit" au programme : à partir de maintenant la valeur 255 (blanc) se situe sur l'ancienne valeur 180.
Ce qui veut dire que les points qui avaient une valeur de 180 sont maintenant à 255. Tous ceux qui avaient une valeur plus
grande que 180, ne pouvant prendre une valeur supérieure à 255 (codage 8 bits) restent à 255 et sont tous blanc. Toutes les
nuances de couleurs très claires entre 180 et 255 sont remplacées par une couleur unique: le blanc.
On voit bien sur l'image
que le ciel est devenu très clair voire blanc, on ne voit plus les détails. (la fenêtre "crop1" présente l'état initial avant
correction pour comparaison. ) De ce fait, nous avons perdu purement et simplement des informations dans le hautes lumières et
ce, définitivement. Les hautes lumières sont surexposées, "crâmées".
Que conclure de ces exemples? Simplement qu'il ne faut agir sur les niveaux avec les curseurs blanc ou noir que si il n'y a pas
de points dans les hautes ou basses lumières initialement. Bref, si l'histogramme présente un trou à l'une des extrémités ou aux
deux, il convient de repositionner le curseur adéquat afin de maximiser l'étendue des tons après correction, mais sans détruire
des valeurs tonales qui existeraient.
On voit sur cet exemple que la zone encadrée en rouge à l'extrémité dans les hautes lumières présente une absence de points
dans cette zone. Ramener le curseur des blancs à la limite où apparaissent les premiers points très clairs (vers 220)
ne détruira pas de points puisqu'ils n'en existe pas haut delà de cette valeur, mais va maximiser la plage des valeurs
présentes sur l'image après correction.
Il existe un piège lors de l'utilisation de cet outil. Parfois les points en hautes lumières sont si peu nombreux qu'ils
n'apparaissent pas sur l'histogramme.
Voyant cela on est tentés de ramener le curseur des blancs vers la gauche. Hélas!
Parfois ces rares points non représentés existent bel et bien et sont irrémédiablement surexposés par la manoeuvre comme
dans l'exemple ci-après.
Le nez de l'avion est maintenant totalement surexposé, la photo est perdue. Certes le contraste augmente mais la méthode n'est pas la
bonne..
Conclusion: lors d'une manipulation des niveaux, garder un oeil sur l'image pour éviter ce genre de désagrément. Un bon moyen de voir sur les l'image les pixels qu'on crame ou qu'on noircit, est de garder la touche Alt enfoncée pendant qu'on bouge les curseurs.
|
|